Géolocalisation des visiteurs

En analyse situationnelle, savoir ou se trouve un visiteur connecté à un e-service est une donnée importante permettant de personnaliser et orienter le service. Ainsi un visiteur se trouvant au bord de la mer sous un climat doux ne recevra pas les mêmes informations qu’un visiteur à la montagne sous un mètre de neige. Bien évidemment quantités d’autres informations sont accessible dès lors que la géolocalisation est possible. Mais comment géolocaliser un visiteur ?
Pour prendre la dimension économique du secteur de la géolocalisation notons que le géant Apple investit dans la géolocalisation par le Wifi de source l’usine nouvelle. Le géant américain aurait fait l’acquisition pour 20 millions de dollars de WifiSLAM, une start-up californienne qui a développé une technologie de géolocalisation « indoor ». Un moyen de renforcer sa position dans la cartographie, dominée par Google Maps. Cette entreprise est à l’origine du développement d’une technologie de géolocalisation qui permet aux applications mobiles de localiser un mobile en utilisant le signal WiFi. Avec cette technologie Apple acquière la possibilité de localiser un smartphone à l’intérieur d’un bâtiment avec une précision de 2,5 mètres en se servant des signaux WiFi disponibles dans le bâtiment.

La géolocalisation est actuellement utilisée dans différentes buts : suivre un colis, positionner un navire, situer une ville, mais aussi : réaliser une campagne publicitaire ciblée, spécifier les offres selon les besoins des clients etc. Il existe différents systèmes de positionnement par GPS, WiFi qui offrent un niveau de précision bien supérieur à l’attente d’un e-service.

Geolocalisation par adresse IP

La géolocalisation des internautes connectés sur le Web se fait généralement à l’aide de leur adresse IP. En effet, il est possible de savoir exactement dans quel pays ou même dans quelle ville ils se connectent en se référant aux documents fournis par l’IANA (Internet Assigned Numbers Authority) et les fournisseurs d’accès détaillant la répartition des adresses IP. Plusieurs prestataires de service offrent un webservice permettant à partir de l’adresse IP de connaitre le lieu du DSLAM de l’opérateur du raccordement de l’abonné. Cette technique est suffisamment précise, l’abonnée se trouvant dans les quelques km entourant le DSLAM.

Le service n’est pas parfait. Dans certains cas, l’adresse IP fournit une localisation erronée. C’est le cas par exemple de l’utilisation de clés 3G routées par l’opérateur mobile vers un centre de raccordement situé à Limoges ou ailleurs. Quelque soit la clé utilisée et quelque soit la position de l’internaute sur le territoire national, la localisation de Limoges sortira. Les meilleurs prestataires de service éliminent ses adresses « fakes » connaissant les positions de ces centres de raccordement des opérateurs mobiles.

Il ressort de ce service un taux de déchet de l’ordre de 30%. Mais la multiplication des devices mobiles change la donne dans ce secteur. La prolifération des tablettes connectées en 3G, 3G+, 4G ou WiFi offre de nouveaux espaces pour la géolocalisation. Les smartphones équipés de GPS et dont les écrans prennent sans cesse de l’embonpoint amèneront bientôt le m-commerce au rang de réalité. Dès lors la stratégie d’Apple s’éclairci.
De nouveaux services en perspective

Si l’on fait un tour d’horizon des techniques de géolocalisation des internautes mobiles, nous pouvons mettre en évidence plusieurs techniques :

Via un operateur mobile

Trois technologies différentes de géolocalisation utilisent le réseau GSM, le différentiel temps, l’identification de cellule et la triangulation. Ces techniques permettent de situer en moins de 5 secondes un appareil avec une précision de 100 à 300 m en milieu urbain et 4 à 10 km en zone rurale. Dans ce cas l’opérateur est seul à pouvoir offrir le service de géolocalisation.

Via le GPS

Cette technique permet une localisation très précise de l’individu, c’est à dire de 10 à 20 mètres. Toutefois ce système ne fonctionne plus dès lors que le téléphone ne reçoit plus les ondes émises par le satellite, ce qui se passe lorsque l’utilisateur est à l’intérieur des bâtiments et voire même dans une zone urbaine très dense. Le temps de localisation se situe entre 1 et 15 minutes. Dans ce cas tout prestataire ayant développé des apps interrogeant le GPS du device mobile peut remonter la localisation vers une application. Ceci reste tributaire de l’autorisation donnée par l’internaute mobile à la geolocalisation par GPS.

Via le WiFi

Cette technique permet une localisation rapide et précise. Elle relève du prestataire ayant équipé la zone dans laquelle se déplace l’internaute. On peut imaginer que les gares, les centres commerciaux, les aéroports seront des lieux qui seront équipés de services de géolocalisation par WiFi facilement et très prochainement. Le recensement des bornes WiFi dans un système mondial peut être également envisagé avec l’aide de bénévoles déclarant les bornes à l’instar de ce qui se passe pour les radars de circulation routière.

Géolocaliser pour quoi faire ?

La géolocalisation d’un internaute visitant un site offrant un e-service permet de connaitre une multitude d’informations.
En analysant l’heure locale via la position de l’internaute, il est possible de rephaser la visite d’un internaute habitant la Réunion, ou visitant la Nouvelle Calédonie par rapport à la métropole. La compréhension de ses attentes et de sa situation ne sera possible qu’en intégrant cette information.
A partir de sa position on peut savoir quel temps règne actuellement autour de lui. Nombre de e-services sont sensibles au climat, les visiteurs devront alors être orientés selon les spécificités du climat. Si la précision le permet, il devient possible de rapprocher la localisation d’une cartographie des quartiers des villes et extrapoler la catégorie socioprofessionnelle de l’internaute avec une probabilité correcte.

Dans des pays ou le multilinguisme est culturel, il est possible de proposer une langue par défaut de la zone détectée. Dans un monde de forte concurrence, les zones frontalières peuvent revêtir une importance particulière eu égards aux différentiels de législation qu’elles présentent. Dans ces conditions un avantage peut être proposé aux internautes détectés dans ces zones.
Comment prendre en compte la geolocalisation ?

La geolocolisation renseigne sur la scène situationnelle. Des indices portent le moment de la journée pour l’internaute (matin, déjeuner, début d’après midi, fin d’après midi, soir, nuit) pour fixer ses habitudes. D’autres portent le temps (ensoleillé, neigeux, venteux, …), d’autres le paysage (mer, montagne, campagne, …), d’autres la catégorie socioprofessionnelle du quartier, etc. Ces indices précisent la scène situationnelle de l’internaute. Cette scène peut regrouper des centaines d’indices.